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50 milliards d’économies - Valls annonce le gel des retraites jusqu’en octobre 2015

mercredi 16 avril 2014, par La Rédaction

Ça y est, Manuel Valls a dévoilé la facture de son plan de 50 milliards d’économies aux Français. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le social-libéral du PS n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, au risque de braquer son propre camp. Mais avait-il vraiment le choix ? Obligé de combler le dérapage du déficit déjà attendu en 2014 après celui de 2013 pour avoir une chance de tenir l’objectif de 3 % en 2015, le nouveau Premier ministre de François Hollande a annoncé une batterie de mesures à effet immédiat comme le gel des retraites !
Autre rupture avec la politique menée par son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, le report de son plan de lutte contre la pauvreté. La revalorisation du RSA et d’autres allocations prévue sera "décalée d’une année". Dans le cadre du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale lancé en janvier 2013, le gouvernement Ayrault avait décidé une augmentation de 10 % d’ici à la fin du quinquennat. La hausse de 1,3 % du revenu de solidarité active (RSA) "socle" (revenu minimum pour personnes sans ressources) intervenue au 1er janvier 2014 ne sera donc pas complétée par une augmentation exceptionnelle de 2 % le 1er septembre 2014.

Gel des retraites
Un an après le vote de la réforme des retraites, celle-ci sera durcie. Les pensions de retraite du régime général vont être gelées "pendant un an". Une mesure que le Premier ministre relativise en soulignant la faiblesse actuelle de la hausse des prix. "Cette stabilité concernera les pensions du régime de retraite de base (1,3 milliard d’euros)", mais "pourra concerner aussi les retraites complémentaires (déjà gelées en 2014, NDLR) qui relèvent des partenaires sociaux (2 milliards d’euros)", a-t-il précisé. Les 11,8 millions de retraités attendront donc 18 mois pour voir leur pension revalorisée, puisque, en vertu de la réforme des retraites, les pensions de base ne devaient être revalorisées qu’au 1er octobre, au lieu du 1er avril habituel. Cette mesure reconductible chaque année devait rapporter 1,4 milliard d’euros en 2020.
Ces mesures ne toucheront toutefois pas "les retraités dont les pensions sont les plus modestes, puisque le minimum vieillesse continuera, lui, d’être revalorisé", a bien souligné le Premier ministre.

Gel du point d’indice des fonctionnaires
Par ailleurs, les autres prestations sociales (logement, famille, invalidité) seront elles aussi gelées, jusqu’en octobre 2015, pour un gain de 700 millions d’euros. La seule exception concerne les minima sociaux (RSA, ASS, AAH) qui continueront d’augmenter au rythme de l’inflation". Par ailleurs, "la poursuite de la modernisation de la politique familiale permettra 0,8 milliard d’euros d’économies".

L’État continue le "rabot"
De son côté, l’État comprimera l’évolution de ses dépenses de 18 milliards grâce à un renouvellement du gel du point d’indice des fonctionnaires. Comme les années précédentes également, l’État espère être plus efficace en mutualisant ses fonctions support comme les achats et ses systèmes d’information. Son "train de vie" sera encore réduit. Les multiples opérateurs de l’État qui gravitent autour de lui (l’Ademe, le CNC, etc.) seront mis au pain sec. Mais cela ne suffira pas. Il va falloir réduire les dépenses d’intervention, c’est-à-dire, par exemple, les aides économiques.
En revanche, les créations d’emplois prévues dans l’Éducation nationale, la sécurité et la justice seront maintenues.

Un gros effort de l’assurance-maladie
Les dépenses sociales seront comprimées de 21 milliards. Outre les 11 milliards pris sur les prestations (voir ci-dessus), l’assurance-maladie devra en économiser 10 supplémentaires grâce à une réforme du parcours de soins. Celle-ci devra renforcer les soins de premier recours, développer la chirurgie ambulatoire (hospitalisation sans nuit à l’hôpital) et assurer un meilleur suivi des personnes en risque de perte d’autonomie. Sur les médicaments, le gouvernement veut tout à la fois réduire la consommation, développer encore le recours aux génériques et faire baisser les prix des laboratoires. Enfin, il veut réduire le nombre d’actes médicaux inutiles.
Quant aux collectivités locales, elles devront produire 11 milliards d’effort grâce à une clarification des compétences de chacune (suppression de la clause de compétence générale des départements et des régions). La dotation accordée par l’État chaque année sera réformée pour encourager les "comportements vertueux" et "renforcer la solidarité financière entre collectivités riches et pauvres". Un "conseil national de simplification des normes" sera aussi mis en place "avant l’été" pour donner plus de place aux élus dans la diminution des normes, anciennes et nouvelles.

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Les syndicats vent debout contre le plan Valls

CGT - "Une politique brutale"

Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, a affirmé mercredi, peu après les annonces du Premier ministre Manuel Valls sur les économies budgétaires, que "ce gouvernement est dur avec les faibles et faible avec les durs", évoquant une politique "brutale". "Les mesures annoncées sont régressives" et "visent à accompagner une stratégie d’austérité", a affirmé le secrétaire général de la CGT sur BFM TV.
Selon lui, le Premier ministre a fait état de "mauvaises nouvelles" comme "le gel des salaires des fonctionnaires" et au "même moment il a trouvé 30 milliards d’euros pour les entreprises", dans le cadre du pacte de responsabilité. "Donc, ce gouvernement est dur avec les faibles et faible avec les durs", a-t-il lancé Selon lui, "notre bien commun" comme "la santé et les services publics est remis en cause par ce pacte d’austérité que prépare le gouvernement".
Le leader de la CGT rappelle que, lors de sa rencontre la semaine dernière avec M. Valls, ce dernier "garantissait des discussions et des concertations" sur les mesures à prendre. Mais "la politique brutale menée par Manuel Valls ne prend pas en compte les propositions qu’ont pu faire les syndicats", a-t-il regretté. À ses yeux, la volonté affichée par le Premier ministre de ne pas remettre en cause le smic est une "posture", car "on sait que la question du salaire minimum, notamment pour les jeunes, est actuellement en discussion à l’Élysée", a affirmé M. Lepaon.

CFDT - Le report du plan pauvreté : inacceptable

La CFDT a estimé mercredi que "les plus modestes sont insuffisamment protégés" par les mesures d’économie budgétaire annoncées par le Premier ministre Manuel Valls. Dans son communiqué, la CFDT affirme vouloir "faire entendre son exigence d’une répartition plus équitable des efforts".
"Le report d’un an des mesures prévues dans le plan pauvreté est inacceptable", affirme le syndicat, pour qui "les revalorisations - RSA, complément familial et allocation de soutien familial - prévues doivent être maintenues". Par ailleurs, "le maintien de la revalorisation du minimum vieillesse est une mesure très insuffisante pour protéger les basses pensions". La centrale "demande une protection de toutes les retraites inférieures au smic".
Pour la CFDT, le "meilleur moyen" de rééquilibrer les comptes de l’Unédic, comme le demande le Premier ministre, "est le retour de l’emploi". "Il est hors de question pour la CFDT de réduire les droits des chômeurs". La centrale juge aussi "inacceptable le gel du point d’indice des fonctionnaires pour une année supplémentaire". "Au-delà du pouvoir d’achat se pose pour les agents de la fonction publique la reconnaissance de leur travail et du service qu’ils rendent", argue-t-elle. La baisse des effectifs des ministères et des agences de l’État "ne doit pas se traduire par un coup de rabot généralisé, mais par une réflexion globale sur les missions", réclame-t-elle.
La CFDT se dit en revanche "satisfaite" sur plusieurs points : notamment le fait que "les économies sur la santé concernent l’organisation du système de soins et non les prestations". Elle accueille également favorablement l’engagement du Premier ministre de ne pas remettre en cause le smic et "se félicite que les effectifs de Pôle emploi ne soient pas revus à la baisse". Elle "est également satisfaite de la poursuite des objectifs de recrutement dans l’Éducation nationale et du maintien du nombre de postes pour la sécurité et la justice".

FO - Les mesures "vont pénaliser les plus défavorisés"

Le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a estimé que les mesures annoncées par le Premier ministre allaient "accroître la précarité et la pauvreté". "Le gel - hors minima sociaux - des prestations sociales" qui vont toucher les "retraites, les allocations familiales jusqu’en octobre 2015 constitue une programmation d’une baisse de pouvoir d’achat", a jugé le secrétaire général de FO dans un communiqué. "De telles décisions vont pénaliser lourdement, notamment les plus défavorisés, et accroître les inégalités, la précarisation et la pauvreté" et feront "également glisser l’économie française vers la déflation", a estimé M. Mailly.
En outre, "le gel du point d’indice" du salaire des fonctionnaires "jusqu’en 2017 est inacceptable, cela ferait huit ans de perte programmée du pouvoir d’achat", a affirmé le secrétaire général de FO. "Pour la fonction publique d’État, dans nombre de ministères déjà à l’os, la décrue des effectifs va rendre de plus en plus difficile la réalisation des missions de service public", a souligné M. Mailly.
Le numéro un de FO prévient que son syndicat "s’opposera à toute privatisation de missions" publiques à la suite des économies annoncées sur les opérateurs publics. Enfin, "pour les collectivités territoriales, la baisse sur trois ans des dotations d’État, y compris pour les missions transférées, risque de se traduire par une augmentation des impôts locaux, donc un transfert de fiscalité", a estimé le leader de FO.

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De nombreux députés PS "atterrés" par les annonces de Valls
De nombreux députés PS sont "atterrés" par les annonces de Manuel Valls qui sont "inacceptables en l’état sur le fond comme sur la forme", a déclaré mercredi à l’AFP Christian Paul, l’un des députés frondeurs qui avaient réclamé un contrat de majorité avant le vote de confiance.
"Le groupe socialiste a découvert dans un silence total ces annonces", a dit M. Paul. D’autres députés PS qui avaient comme lui voté la confiance au gouvernement, ont fait part de leur désapprobation, sur Twitter comme Michel Pouzol, ou à l’AFP, comme Laurent Baumel.

(16-04-2014 - Avec les agences de presse)

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