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Fin de la trêve hivernale : la "peur au ventre" des familles menacées d’expulsion

lundi 31 mars 2014, par La Rédaction

La fin de la trêve hivernale est synonyme de « peur au ventre » pour les familles menacées d’expulsion pour impayés et pour les SDF, qui vont être remis à la rue avec la fermeture de centaines de places d’hébergement, ont dénoncé lundi plusieurs associations. À la veille de la reprise des expulsions locatives, 34 associations d’aide aux plus démunis, réunies au sein d’un collectif, ont demandé une nouvelle fois au gouvernement « un moratoire » de ces expulsions, afin de mettre en place « une vraie politique de prévention », a expliqué leur porte-parole Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre), lors d’une conférence de presse à Paris.
Depuis 10 ans, les décisions judiciaires d’expulsions pour impayés ont augmenté de 37 % pour s’établir à 115 000 en 2012, et les expulsions effectives avec le concours de la force publique ont doublé, pour atteindre près de 13 000 cas. Mais comme de nombreux ménages n’attendent pas l’intervention des forces de l’ordre pour quitter les lieux, souvent en catimini, c’est "plutôt de 40 à 45 000 familles qui sont touchées par une expulsion", affirme Christophe Robert, "soit l’équivalent d’une ville comme Chartres, Melun, Gap ou Nevers". Avec la crise, les difficultés des ménages à payer leur loyer et leurs charges (électricité, etc.) se sont intensifiées, a-t-il expliqué.
Il s’est également inquiété de rumeurs de menaces sur les aides au logement (APL), déjà gelées sur 9 mois en 2014, et sur la revalorisation du RSA. "Le moratoire doit s’accompagner d’un dédommagement des propriétaires. Un fonds existe, mais il est aujourd’hui sous-doté" : il est passé de 78 millions d’euros en 2005 à 42 millions en 2013, a-t-il précisé. Parallèlement à la reprise des expulsions, "plusieurs centaines" de places d’hébergement d’urgence, qui avaient été ouvertes au début de l’hiver pour les sans-abri, vont fermer à partir de mardi, a ajouté Florent Gueguen, autre porte-parole du collectif, citant des fermetures prévues dans le Rhône, le Nord ou en Isère.
"Nous demandons au gouvernement d’agir pour qu’il n’y ait aucune remise à la rue à partir d’aujourd’hui", a-t-il insisté, ajoutant que les associations se sentaient "trompées, enfumées" par le gouvernement, qui avait promis de mettre fin à la gestion au thermomètre.

(31-03-2014 - Avec les agences de presse)

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