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Les chômeurs de plus de 50 ans, les oubliés du gouvernement

vendredi 28 mars 2014, par La Rédaction

En un an, leur nombre a explosé : les seniors ne cessent de grossir les rangs des inscrits à Pôle Emploi, alimentant une bonne partie de la hausse du chômage. Et ce alors que les mesures pour l’emploi du gouvernement restent centrées sur les jeunes, priorité du quinquennat. Emplois d’avenir, contrats aidés, formations d’urgence : tout un arsenal a été déployé pour lutter contre le chômage, spécialement celui des moins de 25 ans, affectés par un taux de chômage bien plus élevé (22,8 % fin 2013) que les 25-49 ans (9,2 %) ou les seniors de plus de 50 ans (6,4 %). "Je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ?", disait François Hollande durant sa campagne.
Cette mobilisation a donné certains résultats : malgré une légère hausse en février, le nombre de jeunes inscrits à Pôle Emploi est "sur une tendance de reflux depuis plus de neuf mois", fait valoir le gouvernement. Pour les seniors, il a misé principalement sur le "contrat de génération", qui aide les entreprises à embaucher un jeune si elles gardent un salarié âgé. Une mesure qui favorise leur maintien dans l’emploi, mais pas leur recrutement, et qui a été boudée par les entreprises, obligeant le gouvernement à revoir sa copie pour la rendre plus attractive.

761 400 chômeurs de plus de 50 ans
"On a mis le paquet sur les jeunes, il faut assumer cette priorité", dit-on au ministère de l’Emploi. Michel Sapin a toutefois reconnu qu’il faudrait désormais "centrer une partie des efforts" sur les plus de 50 ans, notamment via les contrats aidés. Car, en 2013, près de la moitié de la hausse du chômage a concerné les seniors. En février, ce sont eux qui ont encore payé le plus lourd tribut, avec une augmentation de 12,1 % sur un an des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans (sans aucune activité) en métropole. À cette date, 761 400 étaient inscrits à Pôle Emploi dans cette catégorie contre 537 700 pour les moins de 25 ans.
Les plus de 50 ans forment également le gros des bataillons des chômeurs de longue durée. Quand la conjoncture est mauvaise et qu’il y a peu d’opportunités d’embauches, les seniors, encore souvent considérés comme "trop chers, plus rigides, moins efficaces", ne sont pas en tête de liste.
"Le vrai problème aujourd’hui, ce n’est pas le maintien des seniors dans l’emploi - ils ne partent en général qu’avec leur accord, dans le cadre de mesures de départ volontaires ou de ruptures conventionnelles - mais leur embauche. Il est très souvent difficile pour eux de retrouver un emploi", note Jean-Christophe Sciberras, président de l’Association nationale des DRH. "La discrimination à l’embauche des seniors existe et elle est choquante". Un paradoxe alors que le recul de l’âge de la retraite, la suppression des pré-retraites et de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés, ont fait remonter leur taux d’activité. Et leur taux de chômage.

Préretraites déguisées
"Il y en a à la fois plus qui restent en emploi et plus qui basculent vers le chômage", explique Annie Jolivet du Centre d’études de l’emploi. "Ces gens qui, pour partie, avaient accès à des préretraites publiques et pour partie pouvaient sortir des statistiques grâce à la dispense de recherche d’emploi, nous les voyons aujourd’hui rentrer à plein dans le chômage". Certains syndicats mettent aussi en cause l’utilisation par certaines entreprises des "ruptures conventionnelles" entre employeurs et salariés comme des préretraites déguisées. Une tendance contre laquelle les nouvelles règles de l’assurance chômage, définies le week-end dernier, tentent de lutter.
"Toute la politique de l’emploi s’est concentrée sur les jeunes, avec ce gouvernement comme avec les précédents", souligne Marion Cochard, économiste à l’OFCE. "Rien n’est fait pour redynamiser l’emploi des seniors, il y a un oubli dans la politique actuelle". "Jusqu’à présent, l’emploi des jeunes a été la priorité. Désormais, l’aide aux chômeurs âgés devient une question cruciale", juge aussi Annie Jolivet.

(28-03-2014 - Avec les agences de presse)

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