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Au nom de l’intérêt général
A l’occasion du 70e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance, Alain Amicabile publie « Si la Résistance m’était contée »

mercredi 5 mars 2014, par La Rédaction

Militant syndical et communiste, Alain Amicabile a quitté le PCF en 1985 et laissé son poste de conseiller régional de Lorraine en 1992 pour se consacrer à son agence de communication et à l’écritu­re.

Après vous être penché sur la Commune de Paris et la République,vous vous êtes intéressé à la Résistance, pourquoi ?
De la Commune à la Ré­sistance en passant par la République, il y a un fil rouge. Un attachement à l’intérêt général dans la construction d’une société. La Résistance a porté la nécessité de restaurer l’in­ térêt général en France, au détriment des intérêts pri­vés.

Que reste­ il aujourd’hui du programme du Conseil natio­nal de la Résistance (CNR) adopté le 15 mars 1994 ?
Beaucoup ! Même si de­ puis quelques décennies certains s’attachent à le vider de ses moyens. Rap­pelons­ nous ce qui a été avant­-gardiste dans le pro­ gramme économique et social du CNR : le rétablis­sement du suffrage univer­sel et pour la première fois de l’histoire de France le droit de vote aux femmes. On décide de nationalisa­tions, des coopératives ouvrières, de droit à l’accès pour tous à la direction des entreprises, le droit au tra­vail et au repos, les salaires ont été augmentés de 50 % ! On établit les libertés syndi­cales. Et enfin l’instauration d’un plan de sécurité socia­le et de retraite. Ceci a été fait dans une France exsan­gue socialement et écono­miquement. Était­ ce bien raisonnable ? Non ! Mais le CNR a fait le choix pour garantir l’indépendance de la France de satisfaire les revendications sociales pour redonner la santé aux Français. Et relancer la production, l’économie.

Le contexte actuel de crise profonde,de parole haineuse et de rejet de l’autre n’est pas sans rappeler l’histoire pas­sée…Cela vous inquiète­ t­ il ?
Au plus haut point ! On a vu, notamment lors de la « manif pour tous » des gens se faire traiter de « sa­ les juifs », Mme Taubira insultée, les haines déchaî­nées sur les Roms… Il y a des poussées d’extrême droite et on ne peut se con­ tenter d’évoquer la morale à ce sujet. Il faut des répon­ses dans les actes, sur le plan économique sans quoi nous sommes mal barrés ! Quand l’intelligence est mise de côté et que l’on ne réagit plus que de façon épidermique, le pire nous attend.

Que vous évoquent les évé­nements d’Ukraine en matiè­re de résistance ?
Cela nous dit une chose très simple. On met derrière ces événements des questions d’identité nationale, de rapport au grand voisin russe. L’attraction russe pour des raisons culturelles, serait justifiée. Mais l’un comme l’autre des camps n’ont qu’une chose en tête : le marché. Les Ukrainiens qui veulent des rapports de coopération avec l’Europe se font une douce illusion. Tous ceux qui sont entrés dans l’Europe ont commencé par en baver. On va leur imposer une austérité d’en­ fer, ce sera la Grèce puis­sance 10. Le problème ukrainien est le problème le plus grave que nous ayons connu depuis la Libération, en dehors de la dramatique guerre en Ex­ Yougoslavie. Pour la première fois, avec Poutine en Russie, on ne sait pas où cela peut finir.

Quatre figures de la Résis­tance viennent d’entrer au Panthéon. Quelle lecture faites­ vous de cet hommage à ces héros ?
C’est très bien ! Il y en a plein, mais les quatre qui ont été choisis sont absolu­ment incontestables pour leur mérite. Deux hommes et deux femmes remarqua­bles pour les rôles qu’ils ont joué.

Propos recueillis par Stéphanie SCHMITT

« Si la Résistance m’était contée » d’Alain Amicabile,
Editions L’ingénu 2014, 6 €.
En vente sur le site : http://ingenu-editions.com/

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