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Le mal-logement a continué de s’aggraver en France en 2013

vendredi 31 janvier 2014, par La Rédaction

« Ils ont eu un passé. Aidons-les à retrouver un avenir. » C’est le message de la fondation cet hiver, alors que 140 000 personnes sont sans domicile. © Fodnation Abbé Pierre

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Les situations de mal-logement se sont encore aggravées en 2013, témoigne la fondation Abbé Pierre dans son dernier rapport annuel, en notant "des avancées" en matière de politique du logement, mais "une réponse insuffisante aux besoins immédiats". Alors que les 60 ans de l’appel de l’abbé Pierre en faveur des sans-abri, durant l’hiver 54, sont célébrés le 1er février, la Fondation, qui a repris le flambeau du fondateur des communautés d’Emmaüs, évoque "un élargissement et une accentuation de la crise du logement", qui apparaît comme "sans précédent". Elle estime à 3,5 millions le nombre de personnes confrontées au mal-logement, et à plus de 10 millions les personnes touchées par la crise du logement, selon Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation. On compte notamment 141 500 sans-abri.
Le dispositif d’hébergement "ne permet pas de répondre à toutes les situations de précarité", note la fondation. Les solutions de fortune (caravanes, baraques de chantier, locaux agricoles, etc.) "gagnent des territoires de plus en plus éloignés des villes", sans compter "la réapparition de situations que l’on croyait disparues, telles que les bidonvilles" à la périphérie des villes, dans des terrains vagues ou sous des échangeurs autoroutiers. L’accès à un logement devient complexe pour les plus modestes, "mais aussi pour de nombreux ménages insérés socialement et économiquement", note le rapport, car le marché fonctionne "comme une véritable centrifugeuse, qui sélectionne les candidats les plus solvables et refoule les autres" vers "un parc HLM qui n’est pas calibré pour répondre à l’ensemble des besoins". Aujourd’hui, 1,735 million de personnes attendent un logement social.
Le rapport met également en cause "une hausse non régulée du coût du logement", avec des loyers qui ont augmenté de 55 % en 13 ans, et une situation socio-économique qui continue de se dégrader. "La question de l’emploi est en filigrane derrière la question du logement", souligne Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation, déplorant "l’augmentation du nombre de personnes menacées d’expulsions en lien avec la perte de leur emploi". Mais "le logement peut également devenir un obstacle à l’emploi", dit-il, notamment s’il constitue un frein au recrutement (trop loin, dans des quartiers stigmatisés), ou à la mobilité.

Les trois quarts des appels du 115 sans solution
La Fondation insiste aussi sur le développement inquiétant des copropriétés en difficultés, qui constituera "un problème majeur dans les vingt prochaines années", selon Patrick Doutreligne. Plus d’un million de logements en copropriétés sont concernés (sur un total de 6,2 millions), et se caractérisent par un habitat dégradé, une absence de travaux et des charges rapidement trop lourdes pour les occupants.
En matière d’action gouvernementale, "2013 a été riche en mesures concernant le logement", note le rapport, citant le plan quinquennal contre la pauvreté et le projet de loi Alur. Mais il déplore un manque de "réponses immédiates". La fondation se félicite de la création de 7 000 places d’hébergement pour SDF, mais rappelle que les trois quarts de ceux qui appellent le 115 n’obtiennent aucune solution. Elle souligne aussi l’ambition de construire 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, mais "les conditions ne semblent pas remplies pour qu’elle se réalise rapidement". La production annuelle de 2013 s’est élevée à 335 000 logements.
La fondation déplore également l’absence de moratoire sur les expulsions locatives, les ménages prioritaires Dalo (droit au logement opposable) toujours sans solution de relogement, la baisse des aides personnelles au logement (APL) ou le démantèlement des bidonvilles. Enfin, alors qu’approchent les élections municipales, la Fondation invite les collectivités territoriales" à respecter la loi SRU qui impose aux communes de plus de 3 500 habitants d’avoir 20 % de logements sociaux - un taux relevé à 25 % par la loi Duflot du 18 janvier 2013.

(31-01-2014 - Avec les agences de presse)

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