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Prévenir le déclin cognitif grâce aux plantes

mercredi 15 janvier 2014, par La Rédaction

Perte de la notion du temps, changements d’humeur fréquents, oubli d’événements récents, difficultés à reconnaître certaines personnes... En France, plus de 850 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer, avec 20 000 nouveaux cas chaque mois. Parmi les Français de plus de 65 ans, un sur quatre est concerné par cette maladie, et, à ce jour, aucun traitement curatif ou préventif n’existe. Cette affection neurodégénérative entraîne la disparition progressive des neurones, ce qui altère peu à peu les fonctions cognitives. Et les bénéfices des traitements demeurent faibles : ils ne guérissent pas, génèrent des effets secondaires et permettent tout au plus de ralentir la progression de la maladie.

Le Dr Kurt Hostettmann, professeur honoraire dans des universités suisses et chinoises et auteur de l’ouvrage Tout savoir sur les plantes anti-âge (Éd. Favre), a longtemps dirigé des études phytothérapeutiques, pour combattre la maladie d’Alzheimer notamment. D’après lui, les recherches n’en sont qu’à leurs balbutiements : sur 350 000 plantes sur terre, seulement 10 % ont été étudiées complètement, en sachant que chaque plante peut contenir plusieurs milliers de molécules. C’est le règne végétal qui a permis ces dernières années la découverte de certains médicaments contre Alzheimer. Ainsi la rivastigmine est un dérivé synthétique d’une substance d’une liane africaine (Physostigma venenosum) et est disponible sous forme de patch transdermique. Le perce-neige (Galanthus nivalis), cette jolie plante à clochettes blanches, fournit la galanthamine, un alcaloïde susceptible de retarder de douze mois la perte des fonctions cognitives. "D’autres plantes contiennent cette même substance, et certaines espèces de sauge, de menthe et de gentiane pourraient devenir également intéressantes dans les cas de maladie d’Alzheimer", explique le Dr Hostettmann.

Ginkgo et romarin

En attendant la découverte d’un médicament pour soigner cette maladie, certains végétaux peuvent contribuer au maintien cognitif en général. Le premier d’entre eux est sans conteste le ginkgo (Ginkgo biloba). Plusieurs études mettent en évidence son efficacité pour améliorer la fonction cognitive (attention, concentration, mémoire, raisonnement...) et pour retarder sa détérioration dans la maladie d’Alzheimer, ainsi que dans les cas de démence vasculaire. "Le ginkgo n’est pas seulement destiné aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, explique le Dr Hostettmann, il peut être également un soutien en cas d’activité intellectuelle importante (période d’examens...), et l’on peut en faire une cure de un ou deux mois, sauf pour les personnes sous anticoagulants oraux, qui doivent en parler à leur médecin." La consommation régulière de thé vert, un très bon neuroprotecteur, améliore également la mémoire et la fonction cognitive, et pourrait prévenir la démence sénile selon différentes publications.

Le romarin est une plante depuis longtemps associée à la mémoire. Déjà dans la Grèce antique, pour rendre plus intelligents les enfants, on leur frottait le front avec du romarin, et les étudiants connaissaient bien cette plante pour ces vertus. Même Shakespeare y fait référence dans Hamlet : "There’s rosemary, that’s for remembrance !" dit Ophélie. "Des travaux récents confirment et suggèrent que le romarin peut atténuer les problèmes de concentration et prévenir les maladies dégénératives", affirme le Dr Hostettmann. Ainsi, les dernières recherches montrent que le romarin pourrait favoriser la croissance nerveuse, protéger les cellules cérébrales des effets toxiques de la bêta-amyloïde et renforcer la mémoire à court et à long terme. Consommer régulièrement du romarin sous forme d’épices ou en tisane contribuerait au maintien d’un bon cerveau. L’inhalation d’huile essentielle de romarin semble également prometteuse. Récemment, une vingtaine de volontaires, enfermés dans des cabines, ont respiré différentes concentrations d’huile essentielle de romarin puis ont eu des prises de sang ainsi que des tests neuropsychologiques : les performances cognitives étaient supérieures chez ceux dont la concentration en 1,8 cinéol - la substance principale de l’huile essentielle de romarin - était la plus importante.

Améliorations cognitives

Le curcuma, cette épice jaune emblématique de la cuisine indienne, pourrait, quant à elle, améliorer la qualité de vie des patients touchés par la maladie d’Alzheimer et aurait même un potentiel préventif. C’est ce qu’ont suggéré plusieurs études ces dernières années. "Jusqu’à présent, on s’intéressait surtout aux propriétés anticancéreuses de cette épice, explique le Dr Béliveau, un célèbre chercheur canadien, mais plusieurs études ont montré que la curcumine possède également la propriété d’empêcher la formation de plaques amyloïdes (plaques séniles) impliquées dans le développement de la maladie d’Alzheimer." Cela pourrait expliquer pourquoi l’Inde est l’une des régions du monde les moins touchées par la maladie d’Alzheimer d’après le chercheur.

Par ailleurs, cette "épice santé" pourrait aussi se révéler intéressante pour accompagner les malades, selon une première étude japonaise qui révèle une nette amélioration des patients après trois mois de supplémentation en curcuma : moins d’agitation, d’irritabilité, d’hallucinations, d’anxiété et de dépression - des symptômes associés à la maladie. Après douze mois de traitement, des améliorations cognitives ont même été notées, puisque les patients commençaient à reconnaître les membres de leur famille. Ces premiers résultats très encourageants restent à confirmer par des études à plus grande échelle.

Au-delà du monde végétal, c’est aussi le mode de vie qui permet de conserver le plus longtemps possible toutes nos facultés intellectuelles, en mêlant activités physiques et intellectuelles au quotidien, vie sociale active et alimentation équilibrée riche en légumes et en fruits comme les myrtilles, les fraises et les pommes (et limitée en viande rouge, sucre et fromages gras).

(15-01-2014 - Sophie Bartczak )

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