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Windows 8.1 : Microsoft a écouté ses utilisateurs

jeudi 27 juin 2013, par La Rédaction

« Je vous ai compris ! » aurait pu dire Microsoft à ses clients mercredi soir. Après les nombreuses critiques qui ont terni le lancement de Windows 8, fin 2012, l’éditeur a annoncé de nombreuses transformations de son dernier système d’exploitation. Et non des moindres. Prévu pour fin 2013, Windows 8.1 verra le retour du bouton démarrer, dont la disparition avait focalisé l’exaspération des utilisateurs. Toutefois, le nouveau bouton ne sera pas le même que l’ancien, que l’on retrouvait dans toutes les versions depuis Windows 95. Il déploiera un menu différent, rassemblant les applications ou les raccourcis créés par l’utilisateur, mais pas une arborescence complète de l’ordinateur comme c’était le cas jusqu’à Windows 7.
Autre évolution, la personnalisation sera plus poussée, avec plus de couleurs et de formes disponibles. Mais c’est tellement évident que l’on a de la peine à comprendre pourquoi il aura fallu attendre plus d’un an pour disposer de ces options... L’interface de recherche est améliorée pour mieux intégrer les résultats venant du cloud, donc des fichiers et contenus stockés en ligne par l’utilisateur. Du côté du magasin d’applications Windows Store, qui dépasse désormais la barre des 100 000 apps utilisant l’interface moderne, les choses évoluent aussi avec l’apparition de codes promo, qui permettront la commercialisation de cartes dans les magasins physiques, pour disposer d’un crédit d’achat d’applications, de musique ou encore de films.
Les annonces ont été faites au cours de "Build", la conférence annuelle des développeurs de Microsoft. Une préversion ("preview") de Windows 8.1 est d’ores et déjà disponible en téléchargement, et restera valide jusqu’à janvier 2014. "Entre maintenant et la sortie du produit final, nous allons continuer à faire des améliorations", explique toutefois Olivier Ribet, directeur de la division Windows en France. "Nous avons tenu compte des commentaires des utilisateurs", ajoute-t-il. Et c’est louable, tant c’est rare sur ce marché. Apple, par exemple, n’avouerait jamais être influencé par l’avis de ses clients... Quant à la disponibilité de la version finale de Windows 8.1, qui sera gratuite pour les possesseurs de Windows 8, Olivier Ribet est catégorique : "Quand ce sera prêt ! Avant la fin de 2013 c’est certain."
Huit mois après son lancement, Windows 8 ne s’est pas encore imposé, avec 5 % de part de marché en France. Toutefois, le logiciel devrait profiter de l’explosion du tactile : "Il y a six fois plus de modèles tactiles aujourd’hui, par rapport à octobre 2012 (lors du lancement, ndlr)", se félicite Olivier Ribet, saluant une "accélération très forte du nombre de modèles de tablettes, d’hybrides et de tout-en-un." Et ce, y compris à des tarifs attractifs, sous la barre des 400 dollars (306 euros), comme l’a relevé avec bonheur le patron, Steve Ballmer. De quoi séduire toutes les bourses.

Une préversion ("preview") de Windows 8.1 est d’ores et déjà disponible en téléchargement :
http://windows.microsoft.com/fr-fr/windows-8/preview?ocid=blprev_pr_wom

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Internet en 2030, selon le gouvernement
Nous avons eu très peur jeudi matin à Paris, au début de la présentation du rapport Internet 2030 par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP, ex-Centre d’analyse stratégique). Par exemple lorsque le premier intervenant a prévenu qu’il allait "passer quelques transparents", en pointant du doigt sa présentation PowerPoint sur le vidéoprojecteur. Ou quand nous avons vu la photo de couverture du rapport, qui montre des robots français Nao, certes innovants, mais inventés il y a près d’une décennie. Ou encore lorsque nous avons entendu pour la énième fois cette phrase tout droit sortie du XXe siècle : "Internet est devenu un phénomène mondial." On s’est dit qu’on n’était pas sortis de l’auberge... Mais contrairement à ces apparences trompeuses, le rapport Internet 2030 explore des pistes très intéressantes et mérite que l’on s’y attarde.
Réalisé en partenariat avec deux poids lourds, l’école Télécom ParisTech et la Fondation internet nouvelle génération (FING), le document de 200 pages est le résultat d’une "recherche multidisciplinaire", explique le commissaire général, Jean Pisani-Ferry. Parmi les principales conclusions, le chef de ce service rattaché à Matignon estime que "le potentiel disruptif d’Internet est encore devant nous". Le "paysage n’est pas stabilisé", avec toujours de nombreuses "tensions entre acteurs". "L’Europe a dramatiquement perdu pied", regrette-t-il : elle représente seulement 2 % du secteur, contre 83 % pour les États-Unis et 9 % pour la Chine.
Mais impossible de prédire l’avenir. "Nous avons rêvé de voitures volantes et nous avons eu 140 caractères", ironise Daniel Kaplan, de la FING, citant la devise d’un fonds d’investissement américain. Et si "les transformations n’arrivent jamais là où on les attend", le rapport dégage tout de même quelques pistes. Au centre de la vie numérique de 2030, le smartphone jouera un rôle-clé. Il sera le lien entre les objets connectés de l’individu et Internet. Les outils de suivi de la santé, par exemple, qui devront être portés sur le corps ou ingérés, passeront par le smartphone pour transmettre des données sur le Net. Idem pour les montres intelligentes ou les lunettes connectées, dont on voit les prémices avec les Google Glasses. Une évolution qui pose évidemment des problèmes de sécurité et de vie privée. Daniel Kaplan rappelle à ce sujet que "la vie privée est ce qui permet d’avoir une vie publique, et donc d’être un citoyen" : on ne peut être plus clair. Les géants actuels comme Google, Facebook ou encore Apple doivent "travailler sur eux-mêmes" et développer "leur responsabilité sociale". "Il serait dommage que les acteurs du futur ne s’intéressent pas aux autres, ou ne paient aucun impôt", ajoute-t-il encore.
Pour essayer de revenir dans le jeu, le Vieux Continent a "une opportunité majeure" : celle de l’Internet des objets. Puisque tout sera connecté demain, et que les acteurs vont continuer à s’intégrer et à converger, il faudra des "plateformes de services" qui régiront ce nouveau monde du tout en ligne. Le rapport estime que 50 à 70 milliards d’objets seront raccordés à Internet à l’horizon 2025-2030, et que "nous ne sommes qu’au début du développement des services sur Internet". Conclusion : il y a de la place pour un retour de l’industrie européenne dans ce secteur, à condition de soutenir les plateformes dès qu’elles se constitueront, insistent les rédacteurs du rapport.
Dans le domaine de l’éducation, le rapport recommande de développer les cours en ligne. Une idée un peu ancienne, qui a été complétée à l’oral par d’autres pistes. "Les enseignants devront avoir un rôle de plus en plus proche du tutorat, de l’accompagnement", nous explique Valérie Beaudouin, en charge du thème "transmission du savoir" dans l’équipe. Au Danemark, par exemple, les élèves ont le droit d’utiliser Internet durant les épreuves du bac, et leurs professeurs leur apprennent plus à trier l’information qu’à la mémoriser par coeur. "Il faudra aussi faire en sorte que les élèves comprennent que les réponses peuvent être biaisées, car Internet devient intelligent sur la base des algorithmes des industriels, qui peuvent être tendancieux", ajoute Daniel Kofman, lui aussi de Télécom ParisTech.
Seul regret : le rapport reste enfermé dans une vision peu audacieuse. Il appréhende Internet indépendamment de l’économie, de la société, etc. Or, Internet est partout. Pour faire un parallèle, on peut se demander quel serait l’intérêt d’étudier l’impact de l’électricité sans évoquer les secteurs qu’elle influence. Mais ce reproche est à adresser aux services du Premier ministre qui ont commandé l’étude... Dans le même ordre d’idées, le rapport recommande un renforcement des législations concernant Internet, alors que la tendance est aujourd’hui, dans les pays les plus avancés, à l’application en ligne des lois déjà existantes, afin de ne pas risquer une réduction des libertés, comme c’est le cas en France.

(27-06-2013 - Avec les agences de presse)

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