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Les films aux Lumières du 12 au 18 février 2014

mercredi 12 février 2014, par La rédaction

12 Years a Slave
Drame (2h13min) de Steve Mc Queen
VF
Jeudi 16h ; vendredi 13h30, 16h.

12 Years a Slave
Drame (2h13min) de Steve Mc Queen
VO
Mercredi samedi dimanche lundi mardi 18h ; jeudi 20h30.

American bluff
Thriller (2h18min) de David O Russell
VF
Mercredi samedi dimanche 13h30, 20h30 ; jeudi vendredi lundi mardi 13h30, 18h.

Dallas Buyers Club
Drame (1h57min) de Jean-Marc Vallée
VO
Mercredi samedi dimanche 18h ; jeudi vendredi lundi mardi 20h30.

Docteur Jerry et Mister Love
Comédie (1h45min) de Jerry Lewis
VO
Jeudi 14h ; samedi 11h ; dimanche 21h.

L’Île des miam-nimaux : tempête de boulettes géantes 2
Film d’animation (1h35min) de Cody Cameron et Kris Pearn
VF
Mercredi 14h ; samedi dimanche lundi mardi 11h, 14h.

L’Île des miam-nimaux : tempête de boulettes géantes 2
Film d’animation (1h35min) de Cody Cameron et Kris Pearn
VF
Mercredi samedi dimanche lundi mardi 16h30.

Le vent se lève
Film d’animation (2h06min) de Hayao Miyazaki
VF
Mercredi 16h15 ; jeudi vendredi 16h15, 18h30 ; samedi 11h, 13h45 ; dimanche lundi 11h, 16h15 ; mardi 11h.

Les 3 frères, le retour
Comédie (1h46min) de Didier Bourdon et Bernard Campan
VF
Mercredi jeudi vendredi dimanche lundi 14h, 18h15, 20h45 ; samedi mardi 16h, 18h15, 20h45.

Minuscule : la vallée des fourmis perdues
Film d’animation (1h29min) de Hélène Giraud et Thomas Szabo
VF
Mercredi samedi dimanche lundi 16h ; mardi 11h, 16h.

Minuscule : la vallée des fourmis perdues
Film d’animation (1h29min) de Hélène Giraud et Thomas Szabo
VF
Mercredi 14h15 ; samedi dimanche lundi 11h, 14h15.

The Ryan Initiative
Thriller (1h45min) de Kenneth Branagh
VF
Mercredi samedi mardi 20h45 ; jeudi vendredi 16h15 ; dimanche lundi 11h.

The Ryan Initiative
Thriller (1h45min) de Kenneth Branagh
VO
Jeudi vendredi 18h45 ; lundi 20h45.

Un beau dimanche
Drame (1h31min) de Nicole Garcia
VF
Mercredi samedi dimanche lundi mardi 16h15, 18h45, 21h ; jeudi vendredi 14h, 16h15 (Accessible aux personnes malentendantes), 21h.

**

12 Years a Slave

Bien des livres et des films, depuis longtemps, ont raconté l’esclavage en Amérique. On sait moins, cependant, ou pas assez, qu’avant même la guerre de Sécession, à la frontière invisible entre Etats abolitionnistes et esclavagistes (fifty-fifty, semble-t-il), des hommes de main, sortes de marchands de sommeil de l’époque, kidnappaient des Blacks, libres citoyens américains, et les vendaient à des propriétaires terriens sans scrupule. Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) a réellement existé (1) . Son sort est d’autant plus tragique qu’il se croit, non sans inconscience, à l’abri de l’horreur. Il vit dans l’Etat de New York, s’habille comme les bourgeois blancs qu’il fréquente et savoure, avec femme et enfants, sa renommée naissante de musicien. D’où sa stupéfaction de se retrouver, soudain, victime d’un piège ourdi en Louisiane par deux tristes sires et plongé dans un cauchemar qu’il pensait réservé aux autres. Un corps, il n’est plus que ce corps anonyme sans la moindre parcelle d’âme, balancé d’une plantation l’autre, selon les revers de fortune de ses divers propriétaires. Son calvaire va durer douze ans, de 1841 à 1853...

C’est ce temps immobile que filme le cinéaste, cette lente chute du héros à travers plusieurs cercles de l’enfer. Il observe, surtout, les ravages du mal sur des esprits dits civilisés. L’inconscience des bourreaux le trouble et leurs failles le fascinent. Le film faiblit, d’ailleurs, lorsqu’il s’attarde sur des silhouettes à la psychologie simplette : saint Brad Pitt, archange miraculeux qui libère le héros, ou Paul Dano, jeune démon sans nuances, qui l’enfonce. C’est à son comédien favori, Michael Fassbender, que le cinéaste réserve le rôle le plus soigné, le plus ambigu, le plus maléfique. Après en avoir fait un nouveau Messie (dans Hunger) et un pharisien moderne ( dans Shame), il le métamorphose en nid à complexes, en paratonnerre de frustrations : un patient du Dr Freud avant la lettre. Un être apeuré de ne pas se montrer à la hauteur d’une classe sociale qu’il méprise. Et totalement dominé par des pulsions sexuelles qui le poussent à se punir en châtiant l’objet de ses désirs — une jeune esclave noire qu’il adore et détruit. Il est clair, pour Steve McQueen, que c’est la frustration qui engendre le mal : l’aveuglement sur soi et la haine de l’autre sont indissolublement liés, comme le couteau et la plaie.

Avec ce grand spectacle typiquement hollywoodien (les oscars vont pleuvoir !), le cinéaste réussit l’osmose délicate entre le film commercial et le cinéma d’auteur. Depuis Hunger, par exemple, on sait qu’à l’instar de Theo Angelopoulos ou Andreï Tarkovski il adore les plans fixes démesurément étirés, mais calculés à la seconde près, qui créent une réalité parallèle, plus vraie que la vraie. On en a plusieurs ici, dont celui, totalement incongru dans un film américain, où le héros, lynché, est suspendu à une corde, ses pieds touchant le sol par intermittence. Il attend. Il entend des enfants jouer et rire au loin. La durée même de cette séquence magnifique fait naître la peur. On dirait un suspense à la Hitchcock...

Question sadisme, Steve McQueen est un orfèvre : dans Hunger, on le sentait radieux de détailler, une à une, les plaies sur le corps meurtri de Michael Fassbender. Il ne semble pas mécontent, ici, de filmer un à un les coups de fouet reçus par la bien-aimée du frustré. Mais curieusement, ce pointillisme lui permet, à chaque film, de fuir le réalisme. Son art repose sur l’artifice. Sous sa caméra, le destin de Solomon Northup n’est plus un fait divers, mais une abstraction lyrique. Presque un opéra. Par Pierre Murat

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