NanterreReseau.Info

Accueil > Société > Pour ou contre la Journée des femmes ? Réagissez.

Pour ou contre la Journée des femmes ? Réagissez.

jeudi 8 mars 2012, par La Rédaction

Célébrée depuis le 8 mars 1982 en France, que représente pour vous la Journée internationale des droits des femmes ? Est-elle une journée essentielle pour dresser un bilan de la situation des femmes dans le monde, mettre l’accent sur leurs droits, les discriminations à leur encontre et ainsi assurer la promotion de l’égalité entre les sexes ? Ou est-elle au contraire désuète et partiale, voire dégradante pour les femmes ?

Votre réaction à l’adresse :
http://www.nanterrereseau.info/spip.php?page=forum&id_article=1625

***

Malgré de réels progrès depuis une vingtaine d’années, les femmes demeurent moins bien payées que les hommes, moins représentées dans les postes à responsabilité, tout en étant plus diplômées et en assumant toujours une large part des tâches domestiques, selon l’Insee.
"Si l’on prend la sphère scolaire et professionnelle, les femmes s’investissent plus (...) mais elles sont plus contraintes sur la durée du travail", a résumé devant la presse Pascale Breuil, responsable des études démographiques de l’institut de la statistique.
Ainsi, les femmes sont aujourd’hui bien plus présentes sur le marché du travail : elles étaient 59% à être actives en 1990, mais 66% en 2010 (75% pour les hommes), relève cette étude, publiée jeudi à l’occasion de la Journée mondiale des femmes.
"Mais c’est à double tranchant car elles sont aussi plus présentes au sein des emplois non qualifiés" et plus souvent soumises au temps partiel, fréquemment contre leur gré, a souligné Valérie Albouy, de l’Insee.
Les femmes salariées sont ainsi 31% à être aujourd’hui à temps partiel contre 7% de leurs homologues masculins. Elles étaient 24% en 1990. Et elles sont trois fois plus nombreuses (9%) que les hommes à vouloir travailler davantage.
Elles restent plus exposées au chômage mais "l’écart avec les hommes diminue nettement", note l’Insee. L’un écart, qui était de quatre points en 1990, n’était plus que de 0,7 point en 2010 : 9,7% de taux de chômage chez les femmes, 9% chez les hommes.
Parce qu’elles travaillent moins, s’engagent dans des métiers moins rémunérateurs et parce qu’elles sont moins souvent cadres (39%) que les hommes, les femmes sont moins bien payées : 25% de rémunération en moins en 2009.
Mais les temps de travail n’expliquent pas tout : même en équivalent temps plein, l’écart reste de 20% dans le privé et de 15% dans le public.
Surtout, "les écarts (sur le marché du travail) ne se réduisent plus, ou très lentement", actuellement, a relevé Jean-Michel Hourriez, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined), lors de la conférence de presse.
Et pourtant, "les filles creusent l’écart à l’école", note Mme Albouy : 48% de femmes de 25 à 29 ans étaient diplômées du supérieur en 2010, contre 22% en 1991 (respectivement 37% et 20% pour les hommes).
Conséquence des écarts de salaires et de temps de travail, les retraites des femmes étaient en 2008 de 833 euros (hors pensions de réversion versées aux veuves) pour les femmes et de 1.743 pour les hommes. Selon l’Insee, ces écarts "se réduisent au fil des générations mais persisteront à l’avenir".
Si les femmes nées dans les années 1970 peuvent espérer percevoir des pensions équivalant à 80% de celles de leurs conjoints, la parité ne devrait pas être atteinte de sitôt, justement parce que les inégalités sur le marché du travail persistent.
Les inégalités perdurent aussi à la maison.
Si l’écart de temps consacré aux tâches domestiques entre les femmes et les hommes s’est réduit de 40% en 25 ans, passant en moyenne de 3 heures par jour en 1986 à 1 heure et 48 minutes par jour en 2010, c’est parce que les femmes y passent moins de temps et non parce que leurs conjoints mettent davantage la main à la pâte.
Elles passent ainsi 4 heures (une heure de moins qu’en 1986) par jour à faire le ménage ou baigner les enfants, quand les hommes y consacrent deux heures, comme il y a 25 ans.

***

Le 8 mars, la journée internationale des femmes va être une nouvelle fois l’occasion de revendiquer l’égalité entre les sexes et l’amélioration des conditions de vie des femmes dans le monde.
Thème officiel décidé par l’Onu cette année : "L’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels".
"Garantissons leur le même accès aux ressources qu’aux hommes et accordons-leur un rôle à jouer dans la prise de décisions", prône le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.
Comme chaque année, de nombreuses manifestations pour célébrer cette journée sont prévues à travers le monde.
Selon le site de l’Onu, un colloque sera par exemple organisé à Tokyo (Japon) sur le rôle des femmes dans les entreprises et l’économie. A Johannesburg (Afrique du Sud) aura lieu une remise de prix sur la prévention du harcèlement sexuel sur le lieu de travail. A Pristina (Kosovo) une lettre sera lue aux autorités pour appeler à améliorer les soins de santé dans le pays.
La journée des femmes trouve ses origines dans les luttes ouvrières du début du XXe siècle, rappelle l’historienne Françoise Picq.
Célébrée par tous les pays socialistes jusque dans les années 1970, elle a été officialisée par les Nations unies en 1977.
"Cette journée permet de faire, au moins une fois par an, un bilan sur les conditions des femmes", estime Françoise Picq. "Elle a donc une certaine utilité sociale, mais peut être démoralisante si on fait le constat que rien ne bouge", ajoute-t-elle. Ce jour-là, "les politiques se sentent tenus de faire des promesses", relève l’historienne, notant que cette année en France, les annonces seront particulièrement attendues, en raison des échéances électorales.
De nombreuses associations et fédérations féministes organiseront jeudi des manifestations et débats dans l’Hexagone.
Plusieurs organisations féministes ont commencé à interpeller les candidats à l’Elysée, bien décidées à faire du combat pour l’égalité hommes-femmes un thème majeur de la campagne en obtenant des engagements concrets.

***

Quelque 1.000 femmes meurent chaque jour en accouchant ou des suites de complications liées à la grossesse, alors qu’on pourrait éviter ces décès, ainsi que ceux de leurs nouveaux nés, a affirmé jeudi l’organisation MSF (Médecins sans frontière), dans un communiqué publié à Genève à l’occasion de la Journée internationale de la femme.
"Dans le monde, 15% des grossesses encourent à tout moment un risque de complication pouvant entraîner la mort", selon Kara Blackburn, chargée de la santé des femmes à MSF.
"Les femmes doivent avoir accès à des soins obstétricaux de qualité, qu’elles vivent à Sydney, Port-au-Prince ou Mogadiscio. Cette réalité est la même partout, de l’hôpital moderne d’une grande ville à une zone de conflit, en passant par un camp de réfugiés ou sous un abri après un tremblement de terre", a-t-elle ajouté.
Dans un rapport intitulé "Mortalité maternelle : une crise évitable" publié à Genève, MSF montre comment des soins obstétricaux d’urgence dispensés dans des situations de crises humanitaires peuvent sauver des vies.
Selon l’organisation, la solution passe par la mise en place de programmes adéquats, surtout en cas de complications obstétricales, la formation de personnels spécialisés, l’accès à des équipements, et le matériel médical approprié.
MSF fournit des soins obstétricaux dans près de 30 pays.

***

Parité, égalité : ce que dit la loi
L’égalité au travail ou en politique est encadrée par une dizaine de textes depuis 1972, en plus de la Constitution qui consacre des "droits égaux" aux hommes et aux femmes

* L’article 3 du préambule de la Constitution de 1946 énonce que "la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme".

* La loi du 22 décembre 1972 a inscrit dans le Code du travail l’égalité de rémunération entre hommes et femmes (salaire de base et autres avantages) pour "un même travail ou un travail de valeur égale".

* La loi du 4 juillet 1975 interdit les offres d’emploi réservées à un sexe, de refuser une embauche ou de licencier en fonction du sexe ou de la situation de famille.

* La loi du 4 août 1982 interdit toute discrimination au travail, en particulier celle fondée sur le sexe.

* La loi du 13 juillet 1983 précise les différentes discriminations et donne des moyens de recours plus efficaces aux salariés (inspection du travail, syndicats). Les entreprises de plus de 50 salariés doivent rédiger un rapport de situation comparée (RSC), qui permet de repérer et d’analyser la situation et vise à supprimer les écarts de traitement entre les sexes.

* La loi du 10 juillet 1989 oblige, pour les organisations liées par une convention ou un accord professionnel de branche, à se réunir pour négocier sur l’égalité professionnelle.

* La loi du 9 mai 2001 ajoute une obligation de négocier dans les entreprises (de plus de 50 salariés) et améliore la représentation des femmes aux élections professionnelles.

* La loi du 23 mars 2006 sur l’égalité salariale fixe des objectifs aux partenaires sociaux et, pour la première fois, introduit un délai. Il s’agit notamment de supprimer les écarts de rémunération au plus tard le 31 décembre 2010 sous peine de sanction financière.

* La loi du 9 novembre 2010 sur la réforme des retraites a supprimé la date butoir du 31 décembre 2010. Elle instaure, au 1er janvier 2012, une pénalité financière contre les entreprises de plus de 50 salariés qui n’auraient pas conclu un accord collectif ou un plan d’action en faveur de l’égalité. C’est donc désormais le défaut d’accord ou de plan d’action qui est passible de sanction et non la suppression des écarts de rémunération.

* La loi du 27 janvier 2011 introduit l’obligation, pour les sociétés cotées en Bourse et celles employant au moins cinq cents salariés et présentant un chiffre d’affaires d’au moins 50 millions d’euros, de comporter au moins 40 % de femmes au conseil d’administration ou de surveillance dans un délai de six ans.

Demande d’inscription à la liste de diffusion du site :
NanterreReseau-subscribe@yahoogroupes.fr

Messages

  • Je suis un des manifestants de toutes les initiatives pour l’égalité-e, dans tous les domaines. Je trouve scandaleux que la presse -hélas copiée par des mouvement progressistes- appellent le 8 mars journée de la femme, au lieu de journée internationale des luttes des femmes pour leurs droits, un combat qui concerne les êtres humains des deux sexes et de tous genres.
    Ce soir, avec le Front de gauche, je manifeste à Paris à l’appel du collectif unitaire d’ associations, de syndicats et de partis politiques.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.